J'ai pas de nom. De toute manière ça me servirait à rien d'en avoir pour comprendre. Je fumes des cigarettes dans les entrées de boutique et je tournes en rond en regardant mon reflet à travers la vitre devant les vêtements foncés. J'attends que le temps passe. Le temps est interminable. Les secondes se battent afin de pouvoir exister le plus longtemps possible. Elles essayent tout pour pouvoir étirer au maximum leur moment de gloire jusqu'à ce qu'une plus forte les battent et prenne leur place pour encore essayer d'exister le plus longtemps possible. Le temps est interminable. Les minutes prennent leur temps. Elles sont pas pressées d'arriver. Ça leur sert à rien de se dépêcher parce qu'elles sont là pour juste une minute. Une minute mais pas plus. C'est à ça qui servent. On compte pas les demie-heures, c'est pas une vraie délimitation de temps....comme les quarts d'heure. Les heures je peut pas confirmer leur présence. J'en voit tellement pas assez ces temps-ci que je penses que c'est suffisant pour les déclarer en voie d'extinction. Des heures interminables qui sont constituées de 60 minutes pas trop pressées d'arriver qui elles-même sont faites de 60 secondes qui veulent absoluement dire au monde qu'elles ont existé. Ça fait long à lire, imaginez à vivre.
Je souffles ma boucane sur mon reflet. Rendu à la vitre toute la fumée s'erpapille dans toutes les directions possibles et imaginables. Toutes, sauf de l'avant. Mon reflet est innateignable. Si je vivais de l'autre coté de mon reflet, plus rien pourrait m'atteindre. Vivre à me promener exclusivement devant des choses foncer afin de pouvoir exister. J'ai arrêté de marcher pour penser à ça, faut pas, je recommences, en cercle. D'un reflet à l'autre. Lentement, sans tenir ma cigarette. La fumée rentre d'un côté de la bouches, sort de l'autre, c'est simple et je peut garder mes mains au chaud dans mes poches. Je demandes rien de plus, si on reste dans le spectre du possible au moment présent.
Ça me fait mal à la gorge de fumer mais c'est pas grave, c'est une petite souffrance appaisante. Souffrir juste un petit peu ça nous rapelle qu'on est en vie. Ça nous souligne quoi ne pas faire pour soufrir plus. Ça nous enseigne la prudence, la vigilance, à être attentif. Ça fait tousser, ça sent mauvais pis c'est une odeur qui part pas. Ça jaunit les dents et ça t'obliges à te tenir plus loin qu'un rayon de 9 mètres des entrées d'institutions gouvernementales qui pronent un mode de vie sain tout en offrant des menus constitués à 80% d'aliments mal sains et en permettant à des multinationales d'acheter le monopole des produits qui y seront vendus à l'intérieur de leurs murs. Mais fumer c'est mal. On ne devrait pas avoir le droit de fumer avant 18 ans mais empoisonnons nous dès notre plus jeune âge. Je dit tout ça mais je suis le premier à mal manger. Mais je suis pas un école ou un hopital. Pis jme fait pas une cenne (sauf la consigne) quand je bois une cannette de coke.
Le temps passe plus vite quand on penses pu au fait qu'il passe pas vite.
Le focus ralenti les choses.
Ya des gens qui passent devant les vitrines. Moi je suis dans l'entrée. Eux, pour aller d'un point A à un point B, fallais qu'il passent devant la vitrine. Moi, la vitrine c'est mon point A et mon point B à la fois. Entre ça, ya des points C. Des petits détours mais je reviens toujours devant la petite vitrine dans l'entrée. C'est là que le monde existe pour de vrai. Où les vraies barrières apparaissent et où les fausses tombent. Toute se passe devant la vitrine. On a plus de nom devant les reflets qui nous regardent nous regarder. De là l'inutilité de mentionner le mien. Devant la vitrine ya pu rien. Pu de noms, pu de temps. C'est le purgatoire.
À tourner en rond entre ses reflets on penses à des trucs. On voit des choses. On entends des chansons, on récite des discours et parfois on sent même des odeurs. Mais on touches jamais rien. Parce que si même tout existe pour vrai devant là vitrine, ya rien entre les reflets, rien de tactile, rien en dehors de trois vitres, un plancher, un plafond et de la décoration commerciale. Le reste, il est ailleurs. On sais que c'est là mais on sais pas où. En dedans, en dehors, c'est confus. On peut chercher à trouver où ou espérer le voir sur son chemin, maintenant qu'on connait ses caractéristiques. Les caractéristique du tout. Tout ce qui est nécéssaire, tout ce qui est important. Ces choses qui auraient des noms s'il n'étaient pas des reflets. À chercher ce qui n'existe pas on fini par inventer une capture. Ce qui n'est pas défini n'existe pas. Ce n'est pas en cherchant à le définir qu'on le fait exister. Je suis de quel coté du reflet déjà?
J'existe encore quand il y a trop de lumière, je n'ai pas changé de coté du reflet. L'inconvénient du reflet des vitrines, c'est qu'on le voit toujours mieux lorqu'il y a plus de noirceur. À la lumière, il est moins perceptible. Quand toute les lumières sont eteintes à par la lumière d'ambiance, le reflet est à son summum. C'est aussi clair qu'une photo. Qu'une photo travaillée sur photoshop puisqu'elle est juste assez floue pour qu'on puisse se permettre de pas remarquer les imperfections et la modifier un peu comme on aimerais. Le reflet, on le voit bien comme on veut le voir.
Mais est-ce qu'il continue d'avoir un reflet quand personne regarde? Et quand il y a personne devant la vitrine, on voit quoi? Quand on regardes pas, ya toujours un reflet. Quand ya personne, pu rien existe. Ça sert à rien à une vitrine de réflechir quand ya personne pour la regarder.
J'ai fini ma cigarette mais j'en allumes une autre. Plus vite je les fumerai toutes, moins longtemps j'en aurai. Mais quand y'en aura pu y'en aura d'autre. À condition d'argent. Et ça de l'Argent, quand y'en aura pu y'en aura d'autre. Jusqu'à ce que je travaille. Quand je travaillerai ce sera le tour des dettes à rembourser. Et ça, des dettes à rembourser, y'en a. Et quand y'en aura pu, y'en aura d'autres. Tant et aussi longtemps que j'aurai des aptitudes à travailler. Et ça quand on en à pu, on en découvre d'autres. Jusqu'à ce que nos belles années soient toutes écoulées, et ça quand y'en aura pu, ce sera pour d'autres. Une chance que le temps passe pas si vite que ça.
Mon grand-père vivait dans le temps ou le monde était en noir et blanc. Mon père vivait à l'époque du monde aux couleurs floues. Moi je vit de l'époque ou les gens sont en deux dimension. Mon fils vivra surement à l'époque des gens en trois dimension. Mon petit fils dans le monde des gens en 3 dimensions sans bruit et mon arrière petit fils vivra dans le monde réel. L'histoire de l'humanité par l'évolution de la photographie.
L'évolution c'est étrange. On est que des mamifères qui avons réussis à gerer les ressources présentent sur une planète de manière à créer l'empire d'une espèce d'animal sur tous les autres. Et dans cette même espace, des races et des clans tentent de gèrer adéquattement leurs ressources territoriales afin de se créer un empire, l'empire d'un clan d'une espèce sur toutes les autres. Et ces derniers empires tombent tous un jour où l'autre, quand le clan qui dominait se soumet ou disparait. Et la même choses pour les espèces où l'espèce dominante se soumet ou disparait complètement. Une chance que le temps est long pour que la race humaine puisse en profiter.
Pour subsister le plus longtemps, faut apprendre à connaitre son environnement. Connaitre ses particularités pour apprendre à appréhender toutes éventualités ou à en subir les moindres dommage. Sans connaissance du milieu le risque de survie est mince. Cependant avoir de trop grosses ambitions réduit l'accessibilité a la longévité. On montes un escalier une marche à la fois. On saute pas de bas en haut. On marches...je marches en ronds depuis tantot.
Ma deuxième cigarettes est terminée. Je pourrais en allumer une troisième mais faut je m'en gardes quelques unes quand même. Il me faut me garder des raisons de revenir devant la vitrine quand les choses sont trop confuses dans le vrai monde. Quand ces choses qui ont des noms prennent trop d'importance faut oublier leurs appelation pour pouvoir mettre un peu d'ordre.
Le temps à passé trop vite. Je m'en vais mais la vitrine reste là jusqu'à la prochaine fois où j'aurais envie d'être personne.